A l’approche des grandes vacances, un peu lasse et fatiguée de l’année écoulée, je me suis laissée tenter par La Fugue, d’Aurélie Valognes (disponible sur Amazon) tant le titre résonnait en moi. J’ai néanmoins été surprise par les événements de l’histoire et ça n’aura pas été pour moi son meilleur livre.
Alors avant d’aller plus loin dans mon avis sur le livre, je voulais d’abord préciser ce que le simple titre du livre évoquait pour moi. J’avais entendu parler des « Fugues italiennes » d’Alice Cheron sur les réseaux sociaux : cela consiste globalement à partir quelques jours seule loin de sa famille pour se créer un espace pour soi-même et se reconnecter à ses envies et ses émotions. Quand j’ai donc choisi de lire « La Fugue, d’Aurélie Valognes », j’avais donc ce concept en tête et cela a probablement grandement affecté mon opinion sur ce livre.
On a tous un jour eu envie de partir, de claquer la porte, de tout quitter.
Inès, mariée, deux enfants, arrivée à la moitié de sa vie, se sent arrivée nulle part. Elle porte, gère, s’oublie. Et on l’oublie. Emprisonnée dans une existence qui ne lui correspond plus, un jour, elle part.
Dans la solitude d’une nature sauvage, elle trouve un lieu à elle : une maison, où le temps semble s’être arrêté, et qu’elle décide de retaper. En pansant les cicatrices de la maison, Inès va commencer à soigner les siennes. Et si le meilleur chemin pour aller vers soi passait par les autres ?
Un hymne à la vie qui peut toujours recommencer. Le nouveau roman d’une écrivaine qui ne cesse de se réinventer pour mieux nous raconter.
Au début de l’histoire, je découvre Inès, un peu perdue dans sa vie et qui semble chercher à se découvrir. Je ne sais pas encore bien qui elle est et ce qu’elle a vécue, mais je comprends dès les premières lignes que l’autrice a voulu nous mettre dans l’ambiance d’une fuite d’un personnage épuisé par les événements de la vie.
Alors, je cours, toujours plus loin, je fuis. Fuir ma vie, ce monde qui ne me correspond plus, qui m’oppresse, m’étouffe, m’enferme. Je veux quitter cette existence qui me rend malheureuse, quitter ce monde hostile, ses bruits, sa vitesse, ses divertissements, ses compétitions, ses guerres, ses obligations futiles.
Je la suis dans la découverte de son nouvel environnement de vie et me laisse embarquer avec elle durant plusieurs pages mais sans trop comprendre le but de sa fuite. Intriguée, je poursuis ma lecture en cherchant le moment où je pourrais me raccrocher à son histoire, le moment où je comprendrais enfin pourquoi j’ai eu envie de lire ce livre maintenant.
Mais je ne trouve pas ce moment.
Je finis par comprendre que ce que je pensais être une fugue pour faire un point sur soi, sur sa vie, se transforme finalement en une histoire de découverte entre femmes qui cherchent à s’affirmer et à prouver qu’elles n’ont besoin de personne pour vivre leur vie.
Il y avait pourtant des pistes dès le début de l’histoire, quand Inès découvre une bibliothèque remplie d’histoires, mais toutes vécues et écrites par des femmes. Cela me semblait anodin au départ, mais finalement c’est un fil conducteur de toute l’histoire.
Anna a créé un matrimoine littéraire dans sa matrimonière.
Je pensais lire un « simple » roman de développement personnel et je me rends compte que l’histoire met en avant le féminisme. Mais malheureusement, je trouve qu’il ne montre pas forcément le bon côté de ce qu’est le féminisme pour moi. Nous retrouvons ici des femmes qui semblent majoritairement vouloir faire leur bout de chemin seule, comme si ça semblait être le seul moyen de se sentir accomplie. Comme si la famille, les enfants et surtout les hommes nous empêchaient d’être celle que l’on veut être. Et cela m’a beaucoup dérangé au court de ma lecture.
L’histoire reste belle dans son ensemble. Il y a d’ailleurs de beaux moments d’échange et de partage qui mettent en avant à quel point l’être humain est un être sociable et qu’ensemble on peut accomplir des choses merveilleuses, comme réparer une maison ou construire un joli projet professionnel.
Il y a aussi de très belles citations qui font rentrer ce livre dans la catégorie de développement personnel.
On se souvient toujours de ce qu’on n’a pas fait, de ce qu’on a raté, des coups durs et des injustices qui se sont dressées. On oublie d’être reconnaissant des joies et des gens sur notre chemin.
Malheureusement, même ces moments de remise en question ne m’ont pas transportés comme d’autres lectures ont déjà pu le faire.
J’ai probablement été déçue à cause de ce que « la fugue » évoquait pour moi. Je m’attendais donc à retrouver l’histoire d’une femme un peu troublée dans sa vie et qui, dans un moment isolée, a pu se reconnecter à elle-même, à ses émotions avant de pouvoir retourner dans le tourbillon de la vie avec un regain d’énergie. Je pensais pouvoir m’identifier à cette personne, même si je n’ai pas encore expérimenté la fugue moi-même. Mais l’histoire ne tourne pas du tout autour de ça, ce qui m’a laissé sur ma faim.
J’ai donc laissé Inès dans sa nouvelle vie de célibataire avec ses nouvelles amies et je suis retournée dans ma vie de couple avec mes enfants, avec toujours cette envie de faire une petite pause pour me retrouver, mais sans aller jusqu’à quitter ma vie actuelle qui m’apporte beaucoup de bonheur.
La fugue
Auteur : Aurélie Valognes
ISBN : 9782253256403
288 pages | Format Poche
Date de publication : 11 mars 2026
Prix : 8,70 € (18/08/2026)
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